« Pierre Schoendoerffer » par Actudéfense

Le livre du lundi : Schoendoerffer

L’opinion s’est battue pour savoir si la guerre était une affaire politique, pour savoir si Pierre Schoendoerffer était le porte-parole d’une tendance plutôt qu’une autre. Lui, l’aventurier, le poète et le marin n’était qu’un voyageur à la croisée des chemins de l’histoire de France et du cinéma. Retour sur la carrière hors normes d’un cinéaste plus amoureux des collines indochinoises que des studios de tournage.

Deux semaines déjà que Pierre Schoendoerffer est décédé. L’occasion de revenir sur cette biographie proposée par l’historienne Bénédicte Chéron. Elle y retrace tout le parcours cinématographique du vétéran de l’Indochine et décrypte comme son expérience de la guerre, comme le regard de l’opinion sur les engagements français et comme son oeuvre se sont influencés mutuellement au fil des années.

Pierre Schoendoerffer, connu pour son expérience en Indochine, semblait ne jamais s’en être remis. La guerre coloniale française l’aura en effet amené à tourner des films sur le sujet jusqu’à la toute fin de sa vie. Mais c’est aussi parce qu’il était cantonné à ce rôle que l’obsession s’est maintenue. A la sortie de chaque film, son expérience, plus que son oeuvre en elle-même, était commentée et analysée par les critiques cinématographiques.

L’oeuvre de Schoendoerffer est connue. Ses films phares, la 317ème section, le Crabe Tambour ou Dien Bien Phu ont beaucoup fait parler d’eux. Ses travaux sur la guerre du Vietnam aussi, la Section Anderson étant l’un des monuments du documentaire français sur ce conflit à l’époque. Tous ces films ont pourtant tendance à être oubliés, le public ne s’y intéressant plus guère et les chaînes de télévision boudant leur diffusion.

Le personnage de Schoendoerffer est pourtant rapidement devenu un personnage public. Son regard sur les hommes qui ont fait l’Indochine et l’Algérie était à la fois empli d’amour et de sévérité. Il avait connu sur le terrain aussi bien la grandeur que les pires défauts des différentes races de soldats. Il s’appliquait à mettre les paradoxes de l’armée sur grand écran, quitte à ce que le public peine à le suivre dans ces réflexions philosophiques.

Ce livre est un intéressant retour sur le parcours de Schoendoerffer l’aventurier, le cinéaste, le soldat de l’image, le marin mais aussi le petit garçon qui n’osait se rêver un jour écrivain. Un homme de voyage qui a su se battre toute sa vie pour défendre des projets cinématographiques techniquement et politiquement audacieux pour son époque. Le genre de rétrospectives qu’il faut renouveler dés que l’occasion se présente.

Romain Mielcarek

Source

Avez-vous également lu ? ...